Au cours de l'année 2000, une autre station de pompage a été installée dans la partie la plus basse de l'érablière. Elle a été construite afin d'optimiser la cueillette de l'eau des érables situées au bas de la route donnant accès à l'érablière. Bien que la station de pompage principale permettait auparavant de recueillir une bonne partie de cette eau via la tubulure, son efficacité n'était pas optimale. Ainsi, le niveau de vacuum près de l'entaille était constamment plus faible que celui recommandé (20" de mercure ou 67 KPa, soit 2/3 de la pression atmosphérique), ce qui avait pour effet à la fois de limiter la coulée et d'augmenter le temps de résidence de l'eau dans la tubulure (donc favoriser le développement des bactéries).
Toute la tubulure au bas de la route est donc configurée afin d'acheminer l'eau à cette station de pompage. Le vacuum présent dans cette station provient de la station de pompage principale par l'entremise d'un tuyau de 1 1/2" (38.1 mm) qui repose sur le sol et qui relie les 2 stations. En raison de la configuration des bassins et du système de collecte situés à l'intérieur de cette station, l'entrée de l'eau s'effectue à plus de 7' de hauteur à l'extérieur. Pour compenser cette contrainte et permettre une efficacité optimale du vacuum, un ingénieux système a été mis en place. Ce système est communément appelé "pieuvre" en raison de ses nombreux tuyaux qui donnent l'allure des tentacules d'une pieuvre.
Le principe en est fort simple. Chacun des tuyaux principaux d'arrivée d'eau (a) est relié, par une série de 12 petits tubes de 5/16" (8 mm), à un autre tuyau (b) qui entre dans la station de pompage.
Pour bien comprendre le concept, voici comment le tout est installé: d'abord, deux adaptateurs en forme d'étoiles (6 sorties) sont positionnés tête en bas (pour une meilleure succion de l'eau) sur le tuyau inférieur (c) et tête en haut sur le tuyau supérieur. Une sortie unique vers le haut (d) est ajoutée à l'extrémité du tuyau inférieur. Le reste n'est que de la plomberie: 11 des 12 sorties de (c) sont reliées aux étoiles du tuyau supérieur. Ces petits tubes bleus permettent donc plus facilement à l'eau et l'air de monter la dénivellation (ils agissent comme de petites pailles). La 12è sortie du bas est fermée à l'aide d'un bouchon. L'entrée restante du haut (la 12è) est reliée à la sortie unique (d), ce qui permet de toujours maintenir un vacuum adéquat dans les tuyaux puisque seul l'air peut y circuler. Simple n'est-ce pas? ... et ça fonctionne!
(a)
(b)
(d)
(c)
Bien que de faible dimension (8'long x 8'large x 9' haut), la station de pompage secondaire dispose de tout ce qui est essentiel à son bon fonctionnement. Tout d'abord, elle est isolée et dispose d'une alimentation électrique, ce qui permet de la chauffer pour éviter le gel et de l'éclairer adéquatement. Le plancher de cette station est également isolé et est fait de béton, ce qui permet de supporter les 8000 lbs (3600 kg) provenant des 700 gallons d'eau (3000 L) qui peuvent s'accumuler au sein des trois réservoirs (e). Ces réservoirs sont alimentés par l'eau d'érable en provenance du relâcheur mécanique double (f) dans lequel le vacuum est appliqué via la ligne en provenance de la station de pompage principale(g).
(f)
(g)
(e)
Un système mécanique de flotte et de balancier permet, lorsqu'un des deux relâcheur est plein, de transférer le vacuum et l'arrivée de l'eau d'érable dans le second relâcheur. Ainsi le premier, n'étant plus sous vacuum, peut désormais évacuer l'eau par gravité dans les bassins. Une fois le second relâcheur rempli à son tour, le processus recommence à nouveau. Cette technique s'avère très efficace afin de maintenir un niveau de vacuum constant dans la tubulure.
Une pompe électrique à grand débit (1000 gal/hre ou 4500 L/hre) est installée à la base des trois bassins qui sont reliés. Cette pompe est utilisée pour le transfert de l'eau d'érable de cette station de pompage vers la station de pompage principale. Cette pompe sert donc à transporter cette eau d'érable sur une distance de plus de 500' (152 m) et sur un dénivelé de près de 40' (12 m), ce qui est d'une grande utilité! Cette eau sera par la suite rapidement osmosée puis bouillie pour être transformée en sirop de qualité.
Puisque la station de pompage secondaire est située à une distance appréciable de la station de pompage principale où tout est centralisé, il fallait penser à un moyen de pouvoir contrôler les principales fonctions qui demandent à être sollicitées régulièrement soient: les lumières, le chauffage et la pompe à l'eau. Tout le contrôle de ces éléments a donc été centralisé dans la station de pompage principale via trois interrupteurs électriques qui relient les deux stations. Ainsi il est possible, à partir de la station principale, d'allumer les lumières intérieures et extérieures de la station de pompage secondaire (h), d'activer ou de désactiver le thermostat (i), et même de démarrer la pompe à l'eau (j).
(j)
(i)
(h)
Mais le tout n'aurait pas été complet sans une autre innovation. En effet, bien que tous les éléments cités au paragraphe précédent puissent être contrôlés à distance, il faut être en mesure de pouvoir s'assurer en tout temps que la température intérieure soit adéquate, que les valves d'entrée de vacuum et d'eau soient bien ouvertes, que le niveau de vacuum souhaité soit maintenu dans la tubulure, que l'arrivée d'eau d'érable de chaque ligne soit régulière, que le relâcheur mécanique fonctionne librement, que le niveau d'eau dans les bassins soit suivi, etc.
C'est ainsi que la technologie est venue à notre secours encore une fois. Eh oui! une caméra nous permet maintenant de suivre en direct presque toutes les variables de la station de pompage secondaire en transmettant les images sur le petit écran de la cabane à sucre et de la station de pompage principale!
Vous pouvez donc vous imaginer que le canal 3 est le préféré à l'érablière...